Au programme de cette journée : des ateliers pratiques (Mon espace santé, MonSisra, téléexpertise, cybersécurité, outil de coordination MesPatients) et deux tables rondes concrètes illustrant le virage vers une médecine de parcours connectée.
Organisée au GCS Sara à Aubière, en partenariat avec la Délégation départementale de l’Agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes et la CPAM du Puy-de-Dôme, la Journée du numérique en santé du 19 mai 2026 a rassemblé plus de 80 acteurs du territoire. Professionnels d’établissements sanitaires, médico-sociaux, libéraux et représentants des CPTS se sont réunis pour échanger autour des nouveaux usages numériques et des dynamiques portées par le Copil eParcours 63.


La première table ronde, animée par des experts du CHU de Clermont-Ferrand, du DAC 63 et des CPTS, a posé les bases d’une transformation profonde : le passage d’une médecine axée sur les pathologies aiguës à une gestion globale des parcours de santé et des maladies chroniques.
Comme l’a souligné le Dr Marie Blanquet (CHU service santé publique), la responsabilité médicale évolue d’une « responsabilité clientèle » vers une responsabilité populationnelle. L’enjeu est de structurer des soins intégrés pour assurer un continuum tout au long de la vie (des personnes robustes aux personnes en perte d’autonomie). Cette logique de réseau se traduit concrètement sur le terrain par :
Le déploiement de binômes au CHU : mise en place de binômes d’infirmières (IDE) coordinatrices de parcours et d’assistantes sociales transversales (SAU-UHCD).
Partenariats renforcés : signature de 13 conventions avec les CPTS pour identifier les besoins et co-construire les parcours (diabète, insuffisance cardiaque, oncologie, etc.)
Le Dr Sarah Dallel (Cheffe de service endocrinologie) a partagé le succès du déploiement de la téléexpertise (TLE) entre novembre 2024 et février 2025. Exit la boîte mail Outlook non sécurisée et non valorisée: « Avec 60 TLE par mois, cet outil sécurisé importé directement dans le logiciel Easily permet un tri efficace vers le niveau de recours adapté (maintien en ville, hospitalisation de jour, etc.) et sécurise les décisions médicales. »
Mme Yaël Tinseau (Directrice du DAC 63) et Mme Jeanne Fradier (Référente parcours CPTS Combraille Limagne et Volcans) ont mis en avant la complémentarité des outils régionaux :
MonSisra : la messagerie sécurisée de santé (MSSanté) centrée sur le patient, indispensable pour l’échange d’informations. Elles ont rappelé que l’implémentation de « comptes de service » (comptes structures) pour les pharmacies, cabinets d’IDEL et kinés permettait de respecter le droit à la déconnexion et de faciliter la délégation aux remplaçants.
MesPatients : l’outil métier du DAC63 pour piloter les situations complexes (1835 situations accompagnées en 2025). Il permet de bâtir un Plan Personnalisé de Coordination en Santé (PPCS) partagé par l’ensemble des acteurs gravitant autour de l’usager.

La seconde table ronde a permis de suivre le parcours fictif de Mme Dubois, 59 ans, victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC).
En amont : Mme Dubois participe au programme d’Éducation Thérapeutique du Patient (ETP) « Cœur et corps en équilibre », planifié via l’agenda de l’outil MesPatients. Grâce aux réflexes acquis en ETP, elle identifie ses symptômes (faiblesse au bras, bouche déviée) et compose immédiatement le 15.
La phase aiguë aux urgences : le Dr Bourgoin a rappelé la complexité de la prise en charge initiale (recherche d’antécédents, traitements anticoagulants, examens récents). En Auvergne, l’organisation s’appuie fortement sur la télémédecine régionale (63 téléconsultations – TLC réalisées en 2025 sur 4 départements).
L’application Covotem : Portée par le GCS Sara, cette application dédiée à la neurologie permet à l’urgentiste d’ouvrir un dossier partagé, d’accéder aux images cérébrales (PACS) et d’activer une caméra mobile dirigeable à distance par le neurologue pour examiner le patient en visio.
Le retour à domicile (RAD) : Une fois l’état de Mme Dubois amélioré, l’IDE de coordination en neurologie prend le relais. Son rôle ? Fluidifier la sortie en faisant le lien avec le médecin traitant, en sollicitant le dispositif PRADO ou en coordonnant une Hospitalisation À Domicile (HAD) pour la rééducation (kiné, ergothérapeute), tout en communiquant avec les professionnels de ville via MonSisra.

Six ateliers pratiques étaient organisés autour de Mon espace santé, de la messagerie MonSisra, de la téléexpertise, de la cybersécurité, de l’outil de coordination MesPatients, ou bien encore l’après programme ESMS Numérique.
L’occasion pour les professionnels de santé d’échanger avec des experts de ces thématiques et de poser leurs questions relatives à leurs pratiques quotidiennes.

Cette journée a démontré que le numérique en santé n’est plus une option mais un levier d’organisation territorial indispensable. Qu’il s’agisse de sécuriser un avis de spécialité par téléexpertise , de coordonner une situation médico-sociale complexe sur MesPatients , ou de sauver des minutes précieuses en phase aiguë d’un AVC grâce à Covotem , les outils du GCS Sara et de la région s’intègrent désormais concrètement dans le quotidien des professionnels au bénéfice direct du patient.
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